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PAUL VERLAINE RENCONTRE GUSTAV KLIMT

Gustav KlimtLes grands peupliers, 1900, huile sur toile peinte, n. c., Collection particulière

L’allée est sans fin
Sous le ciel, divin
D’être pâle ainsi :
Sais-tu qu’on serait
Bien sous le secret
De ces arbres-ci ?

Paul Verlaine, « Simples fresques », Romances sans paroles,  1887

1
La fuite est verdâtre et rose
Des collines et des rampes
Dans un demi-jour de lampes
Que vient brouiller toute chose.

L’or sur les humbles abîmes,
Tout doucement s’ensanglante.
Des petits arbres sans cimes
Où quelque oiseau faible chante

Triste à peine tant s’effacent
Ces apparences d’automne,
Toutes mes langueurs rêvassent,
Que berce l’air monotone.

2
L’allée est sans fin
Sous le ciel, divin
D’être pâle ainsi :
Sais-tu qu’on serait
Bien sous le secret
De ces arbres-ci ?

Des messieurs bien mis,
Sans nul doute amis
Des Royers-Collards,
Vont vers le château :
J’estimerais beau
D’être ces vieillards.

Le château, tout blanc
Avec, à son flanc,
Le soleil couché,
Les champs à l’entour :
Oh! que notre amour
N’est-il là niché !

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