SULLY PRUDHOMME RENCONTRE MUNCH « Sous le pavillon d’or que le soleil déploie, / Mes yeux boiront l’éther, dont l’immuable joie / Filtrera dans mon âme au travers de mes cils, / Et je dirai, songeant aux hommes : « Que font-ils ? » / Et le ressouvenir des amours et des haines / Me bercera, pareil au bruit des mers lointaines. »

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Munch, Poésie, Sully Prudhomme

le soleil munch Huile sur toile 162 × 205 cm 1910-1913  Musée Munch, Oslo, Norvège

Edvard Munch, The Sun, 1911-1916, huile sur toile, 780 x 455 cm, Oslo, Munch Museum

 

Sous le pavillon d’or que le soleil déploie, 
Mes yeux boiront l’éther, dont l’immuable joie 
Filtrera dans mon âme au travers de mes cils,

Et je dirai, songeant aux hommes : « Que font-ils ? »
Et le ressouvenir des amours et des haines
Me bercera, pareil au bruit des mers lointaines.

René-François Sully Prudhomme, « Sieste » dans Les épreuves de 1866

Je passerai l’été dans l’herbe, sur le dos,
La nuque dans les mains, les paupières mi-closes,
Sans mêler un soupir à l’haleine des roses
Ni troubler le sommeil léger des clairs échos.

Sans peur je livrerai mon sang, ma chair, mes os,
Mon être, au cours de l’heure et des métamorphoses,
Calme et laissant la foule innombrable des causes
Dans l’ordre universel assurer mon repos.

Sous le pavillon d’or que le soleil déploie, 
Mes yeux boiront l’éther, dont l’immuable joie 
Filtrera dans mon âme au travers de mes cils,

Et je dirai, songeant aux hommes : « Que font-ils ? »
Et le ressouvenir des amours et des haines
Me bercera, pareil au bruit des mers lointaines.

 

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