BAUDELAIRE RENCONTRE VON STUCK « Elle marche en déesse et repose en sultane ; / Elle a dans le plaisir la foi mahométane, / Et dans ses bras ouverts, que remplissent ses seins, / Elle appelle des yeux la race des humains. » / « She walks like a goddess, rests like a sultana; / She has a Mohammedan’s faith in pleasure / And to her open arms which are filled by her breasts, / She lures all mortals with her eyes. »

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Baudelaire, Poésie, The Poetic Match, Von Stuck

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Franz Von Stuck, Le péché, 1910, huile sur toile, 60 x 95 cm, Collection privée

Elle marche en déesse et repose en sultane ;
Elle a dans le plaisir la foi mahométane,
Et dans ses bras ouverts, que remplissent ses seins,
Elle appelle des yeux la race des humains.


She walks like a goddess, rests like a sultana;
She has a Mohammedan’s faith in pleasure
And to her open arms which are filled by her breasts,
She lures all mortals with her eyes.

Charles Baudelaire, « Allégorie », Les Fleurs du mal, 1861

C’est une femme belle et de riche encolure,
Qui laisse dans son vin traîner sa chevelure.
Les griffes de l’amour, les poisons du tripot,
Tout glisse et tout s’émousse au granit de sa peau.
Elle rit à la Mort et nargue la Débauche,
Ces monstres dont la main, qui toujours gratte et fauche,
Dans ses jeux destructeurs a pourtant respecté
De ce corps ferme et droit la rude majesté.
Elle marche en déesse et repose en sultane ;
Elle a dans le plaisir la foi mahométane,
Et dans ses bras ouverts, que remplissent ses seins,
Elle appelle des yeux la race des humains.
Elle croit, elle sait, cette vierge inféconde
Et pourtant nécessaire à la marche du monde,
Que la beauté du corps est un sublime don
Qui de toute infamie arrache le pardon.
Elle ignore l’Enfer comme le Purgatoire,
Et quand l’heure viendra d’entrer dans la Nuit noire,
Elle regardera la face de la Mort,
Ainsi qu’un nouveau-né, — sans haine et sans remord.


She’s a beautiful woman with opulent shoulders
Who lets her long hair trail in her goblet of wine.
The claws of love, the poisons of brothels,
All slips and all is blunted on her granite skin.
She laughs at Death and snaps her fingers at Debauch.
The hands of those monsters, ever cutting and scraping,
Have respected nonetheless the pristine majesty
Of her firm, straight body at its destructive games.
She walks like a goddess, rests like a sultana;
She has a Mohammedan’s faith in pleasure
And to her open arms which are filled by her breasts,
She lures all mortals with her eyes.
She believes, she knows, this virgin, sterile
And yet essential to the march of the world,
That a beautiful body is a sublime gift
That wrings a pardon for any foul crime.
She is unaware of Hell and Purgatory
And when the time comes for her to enter
The black Night, she will look into the face of Death
As a new-born child, — without hatred or remorse.

William AggelerThe Flowers of Evil

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