GEORGES RODENBACH RENCONTRE EDWARD HOPPER « Il flotte une musique éteinte en de certaines / Chambres, une musique aux tristesses lointaines / Qui s’apparie à la couleur des meubles vieux… »

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Georges Rodenbach, Hopper, Poésie

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Edward Hopper, New York Interior, 1921, huile sur toile, 61.8 × 74.6 cm, Whitney Museum, New York

Il flotte une musique éteinte en de certaines
Chambres, une musique aux tristesses lointaines
Qui s’apparie à la couleur des meubles vieux…

Georges Rodenbach, « Il flotte une musique éteinte… », Le Règne du silence, 1891

Il flotte une musique éteinte en de certaines
Chambres, une musique aux tristesses lointaines
Qui s’apparie à la couleur des meubles vieux…
Musique d’ariette en dentelle et fumée,

Ariette d’antan qu’on aurait exhumée,
Informulée encore, et qu’on cherche des yeux :
Rythmes se renouant, musique qui tâtonne,
Le vieil air se dégage un peu, se nuançant

Grâce au pianotement de la pluie, en automne,
Sur les vitres ; et l’air, changé comme un absent.
Réapparaît soudain en des grâces fluettes ;

Puis peu à peu précis, on retrouve ses traits
Et tout l’air passe encor dans les chambres muettes
Oh ! Musique rapprise aux lèvres des portraits !

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