RIMBAUD RENCONTRE VAN GOGH « Comme des lyres, je tirais les élastiques de mes souliers blessés, un pied près de mon coeur ! »

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Poésie, Rimbaud, Van Gogh

11393410_1441138326207634_3630228099766956188_oVincent Van Gogh, Paire de chaussures, 1887, huile sur toile, 34 x 41 cm, Baltimore Museum of Art, Baltimore

Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

Arthur Rimbaud, « Ma bohème », 1870 

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
– Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
– Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

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