MUSSET RENCONTRE ARAKI « Elle est blanche, elle est douce et belle, / Franche, dit-on, et plus encor ; / A qui saurait s’emparer d’elle / Elle peut ouvrir un trésor. » / « It is white, it is soft and beautiful, / Honnest, they say, and more still; / For he who knows how to grab it / It can open a treasure. »

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Musset, Poésie, Raki, The Poetic Match

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Nobuyoshi Araki, Shijyo Tokyo (Tokyo, sentiment poétique), 1996, photographie, 40 cm x 60 cm, Musée Guimet, Paris (jusqu’au 5 septembre 2016)

Elle est blanche, elle est douce et belle, 
Franche, dit-on, et plus encor ; 
A qui saurait s’emparer d’elle 
Elle peut ouvrir un trésor.


It is white, it is soft and beautiful, 
Honnest, they say, and more still; 
For he who knows how to grab it 
It can open a treasure. 

Alfred de Musset, « A une fleur », 1834

Que me veux-tu, chère fleurette,
Aimable et charmant souvenir ?
Demi-morte et demi-coquette,
Jusqu’à moi qui te fait venir ?

Sous ce cachet enveloppée,
Tu viens de faire un long chemin.
Qu’as-tu vu ? que t’a dit la main
Qui sur le buisson t’a coupée ?

N’es-tu qu’une herbe desséchée
Qui vient achever de mourir ?
Ou ton sein, prêt à refleurir,
Renferme-t-il une pensée ?

Ta fleur, hélas ! a la blancheur
De la désolante innocence ;
Mais de la craintive espérance
Ta feuille porte la couleur.

As-tu pour moi quelque message ?
Tu peux parler, je suis discret.
Ta verdure est-elle un secret ?
Ton parfum est-il un langage ?

S’il en est ainsi, parle bas,
Mystérieuse messagère ;
S’il n’en est rien, ne réponds pas ;
Dors sur mon coeur, fraîche et légère.

Je connais trop bien cette main,
Pleine de grâce et de caprice,
Qui d’un brin de fil souple et fin
A noué ton pâle calice.

Cette main-là, petite fleur,
Ni Phidias ni Praxitèle
N’en auraient pu trouver la soeur
Qu’en prenant Vénus pour modèle.

Elle est blanche, elle est douce et belle, 
Franche, dit-on, et plus encor ; 
A qui saurait s’emparer d’elle 
Elle peut ouvrir un trésor.

Mais elle est sage, elle est sévère ;
Quelque mal pourrait m’arriver.
Fleurette, craignons sa colère.
Ne dis rien, laisse-moi rêver.


What do you want from me, dear little flower,

Friendly and charming souvenir
Half dead and half coy,
What makes you come up to me?

Enveloped in this style
You just made a long journey.
What did you see?  What said the hand
That cut you from the bush?

Are you but dry grass
That has just finished dying?
Or does your breast, ready to flower again,
Enclose a thought?

Your flower, alas! has the white
Of sorrowful innocence;
But of fearful hope
Your leaf wears the color.

Do you have some message for me?
You can talk; I am discrete.
Is your greenery a secret?
Is your perfume a language?

If it is so, speak low
Mysterious messenger!
If it is not, do not answer;
Sleep on my heart, fresh and light!

I know too well that hand,
Full of grace and caprice,
Which with a thread of supple and thin string
Tied your pale chalice.

That hand, small flower,
Neither Phidias nor Praxiteles
Would have been able to find a sister to
Other than by taking Venus for model.

It is white, it is soft and beautiful,
Honnest, they say, and more still;
For he who knows how to grab it
It can open a treasure.

But it is wise, it is severe;
Some evil could befall me.
Little flower, let us fear its anger;
Say nothing, let me dream.

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