PAUL VERLAINE RENCONTRE EGON SCHIELE « Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L’automne / Faisait voler la grive à travers l’air atone, / Et le soleil dardait un rayon monotone / Sur le bois jaunissant où la bise détone. » / « Memory, memory, what do you want from me? I remember /Autumn made the thrush fly through the lifeless air, / And the sun launched a monotonous ray where / The north wind exploded in a wood growing yellower. »

Laisser un commentaire
Poésie, Schiele, The Poetic Match, Verlaine

14522955_1103497286371451_2482566780790931353_n

Egon Schiele, Quatre arbres, 1917, huile sur toile, n.c., Osterreichische Galerie Belvedere, Vienne

Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L’automne
Faisait voler la grive à travers l’air atone,
Et le soleil dardait un rayon monotone
Sur le bois jaunissant où la bise détone.


Memory, memory, what do you want from me? I remember
Autumn made the thrush fly through the lifeless air,
And the sun launched a monotonous ray where
The north wind exploded in a wood growing yellower.

Paul Verlaine, « Nevermore » dans Poèmes saturniens, 1866

Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L’automne
Faisait voler la grive à travers l’air atone,
Et le soleil dardait un rayon monotone
Sur le bois jaunissant où la bise détone.

Nous étions seul à seule et marchions en rêvant,
Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent.
Soudain, tournant vers moi son regard émouvant
 » Quel fut ton plus beau jour?  » fit sa voix d’or vivant,

Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique.
Un sourire discret lui donna la réplique,
Et je baisai sa main blanche, dévotement.

– Ah ! les premières fleurs, qu’elles sont parfumées !
Et qu’il bruit avec un murmure charmant
Le premier oui qui sort de lèvres bien-aimées !


Memory, memory, what do you want from me? I remember
Autumn made the thrush fly through the lifeless air,
And the sun launched a monotonous ray where
The north wind exploded in a wood growing yellower.

We were alone together and, dreaming, wandered,
She and I, our hair and our thoughts in the wind.
Suddenly, her gaze full of feeling, she turned:
“What was your happiest day?” Her gold voice, livened,

Her soft resonant voice, cool timbre of an angel.
My reply was a reserved smile,
And devoutly I kissed her white hand.

Ah, the first flowers and their perfume!
And the murmuring spell of the sound,
The first yes from those lips when you so love them!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s